Comment savoir quand la guérison a eu lieu ?

Par Gary Craig, traduction Diane von der Weid

À mon avis, tant que nous n’avons pas atteint une paix personnelle absolue, il nous reste du travail à faire.

Ce dont je parle ici, c’est de cet état idéal de paix considéré par la plupart des disciplines spirituelles comme notre droit de naissance. Je sais que pour bien des personnes cela semble irréalisable et que pour d’autres cela semble un peu trop noble. Mais, pour moi, c’est là, c’est vers notre foyer spirituel que nous ramènent nos techniques énergétiques. Alors pourquoi nous arrêter en si bon chemin ?

Pour beaucoup d’entre nous, en particulier pour les nouveaux venus à l’EFT, obtenir un soulagement rapide d’un souvenir traumatique ou d’une réaction phobique représente un cadeau formidable. De plus, lorsqu’un client déclare ne plus trouver aucune trace de son problème (par exemple, palpitations, transpiration ou cauchemars), cela nous donne l’impression que « la guérison a eu lieu ». En fait, quand nous évoquons nos succès, la plupart d’entre-nous parlent de ce genre de prodiges ponctuels.

Mais le client est-il vraiment guéri ou avons-nous seulement éliminé un arbre négatif de sa vaste forêt (jungle) négative ?

L’expérience a montré que si l’on donne à un praticien compétent un peu plus de temps pour creuser plus en profondeur le problème du client, il trouvera d’autres choses qui sont en lien ; peut-être un remord oublié, ou peut-être une peur qui pointe vers une autre direction… Et bien entendu ceci mène à un labyrinthe de problèmes.

Lequel d’entre nous, malgré des années de travail sur ses « émotions », n’a pas de griefs, de peurs ou de doutes non résolus ? Et lorsque ces problèmes sont résolus, n’en trouvons-nous pas d’autres ?

Je pense que l’effort fait pour savoir « quand une guérison a eu lieu » tourne autour de la définition-même de ce qu’est la guérison. Si par exemple, nous avons éliminé une réaction phobique aux hauteurs, devons-nous nous arrêter là et dire « la guérison a eu lieu », ou devons-nous continuer à travailler sur les autres peurs et traumatismes qui sont apparus à cause de l’ancienne peur des hauteurs ? Et à partir de là, ne devrions-nous pas nous adresser aux autres limites émotionnelles qui nous empêchent de nous sentir complètement libres et en paix ?

Je crois que la guérison ne peut être terminée tant que nous n’avons pas finalement « intégré » l’Unité qui nous relie tous – et qui est la source de la paix personnelle absolue.

Je pense qu’en nous débarrassant de nos peurs, de nos culpabilités, de nos regrets, de nos griefs, de nos remords, de nos traumatismes, etc. sur notre chemin vers une paix personnelle absolue nous ne faisons essentiellement que nous « améliorer ».

Dire « la guérison a eu lieu », c’est arrêter notre quête de perfection.
Dire « la guérison a eu lieu », c’est se résigner à porter notre bagage émotionnel restant.
Dire « la guérison a eu lieu », c’est nier notre glorieux droit de naissance.

Paix,

Gary Craig